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  Discussion quant à la position des bassins à laver.

       +Avis du maître d’œuvre Focillon. (extrait du mémoire général du 24 novembre 1856 ; AD, II O 580 12).

           « …partout où il y a la possibilité de faire jaillir les eaux au-dessus du sol à une hauteur suffisante, nous avons toujours vu adopter, pour les bancs de lavage, une hauteur qui permet, aux laveuses, la position verticale.

         Nous croyons que cette position est bien convenable et bien moins fatigante que celle qui force les ouvrières à se mettre à genoux pendant de longues journées et nous pensons qu’on adopte une position basse, pour la hauteur du bassin, que lorsqu’on ne peut faire mieux. Nous pensons qu’on nous saura gré d’avoir proposé ce système de bassin quoique contraire aux habitudes du pays. Néanmoins, si nous nous étions trompés, rien ne serait plus facile que d’abaisser les bancs de nos bassins à la hauteur que l’on voudra, on obtiendra même une petite économie dans les dépenses des maçonneries, mais il ne faudrait pas, pour ce dernier motif seulement, faire un changement en faveur d’un système que nous considérons comme très gênant et fatigant pour les ouvrières, le système projeté préserve, d’une manière complète, les laveuses de l’humidité… » (1)

          +  du conseil municipal (15 février1857):

        « Le conseil municipal, après examen attentif des plans, devis et cahier des charges les approuve à l’unanimité en faisant, toutefois, les modifications suivantes : ... les lavoirs seront construits au niveau du sol de manière que les laveuses puissent travailler à genoux comme c’est l’usage dans la localité… »

          +  Avis du préfet, (avril 1862 ), après consultation des experts du département :

      «… le système vertical présente autant d’inconvénients que l’ancien et il n’est nullement dans les habitudes du pays. Nous croyons que la disposition n’a pas été bien comprise par le Conseil municipal et que, si elle est soumise à l’appréciation des habitants, elle sera repoussée… »

 La consultation a-t-elle eu lieu ? Sous quelle forme ? Aucune trace dans les archives…

        + Réaction du maître d’œuvre (18 septembre 1862), il « enregistre » la décision…avec un certain humour… :

      «   Je crois devoir maintenir ce que j’ai dit dans mon mémoire du 24 novembre 1856 au sujet des  avantages que présentent les dispositions que j’avais proposées, mais du moment qu’elles sont contraires aux habitudes locales et que tout le monde est d’accord pour l’adoption de l’autre   système et que les laveuses préfèrent travailler et rester pendant des journées entières accroupies dans la paille plus ou moins humide au lieu de travailler droites sur un dallage que l’on peut maintenir constamment à sec, je n’ai rien à objecter… »

                                                                                         Extrait des AD.( II O 580 12).    

                                               ----------------------------------------

(1) Il est utile de rappeler, qu’au lavoir, les femmes,  agenouillées dans des caisses en bois, (les carrosses) garnies de paille ou de coussins, ont le corps dans une humidité constante et souffrent, inévitablement, de courbatures et de rhumatismes.             

  J.M.

 

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De tout temps, les femmes ont lavé et rincé le linge à la rivière ou à la fontaine. Peu à peu, ces lieux ont été aménagés. Les lavoirs les plus rustiques étaient souvent de simples pierres assemblées en bassin à proximité d’un point d’eau ; ils étaient rarement couverts.

Les bâtiments, exclusivement réservés au lavage du linge, ne semblent apparaître qu’à la fin du 17eme siècle, mais c’est surtout au 19eme siècle qu’ils équipent progressivement villes et villages. Cet essor correspond à la conjonction de deux phénomènes : la prise de conscience des principes d’hygiène et le développement économique des campagnes.

A l’époque, les autorités médicales mettent l’accent sur la salubrité publique ; il est reconnu que l’insalubrité provient, en particulier, de l’utilisation indifférenciée des points d’eau. Simultanément, les épidémies ont appris que le linge pouvait véhiculer des germes malsains. Par ailleurs, depuis 1789, les municipalités, héritières des communautés villageoises, ont vu leurs attributions solennellement confirmées. Elles sont chargées de régir les biens et les revenus de la communauté et d’établir un budget équilibré, si possible excédentaire, grâce, en particulier, aux ventes régulières du bois communal. Elles assurent, bien évidemment,  la gestion de l’équipement public. C’est dans ce cadre que l’eau arrive au village et que sont édifiés les lavoirs. Pour ces réalisations, les ressources du budget ordinaire sont insuffisantes, elles doivent être complétées par les revenus exceptionnels de vente des bois de la réserve qui, depuis Colbert, doit être autorisée par l’autorité de tutelle, l’intendant, puis le préfet dés le début du 19eme siècle.

 

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